Mozart et Da Ponte, une rencontre d’exception

Date : samedi 11 janvier 2020 - 15h00 - 16h30 - - 0

 

Conférence musicale par Pierre CORTOT,

agrégé de Lettres modernes et docteur en Sciences du langage (Arts et littératures)

Évoquer Lorenzo Da Ponte se résume le plus souvent à faire référence à Mozart et aux trois opéras qu’ils ont réalisés ensemble. Or, on ne peut en rester là si l’on se penche sur l’existence tumultueuse de celui qui occupa une place éminente dans la vie culturelle européenne et américaine de la deuxième moitié du XVIIIème et du début du XIXème.

Rien n’est plus compliqué en effet que de suivre la vie aventureuse du librettiste. Il a certes rédigé des Mémoires, loin d’égaler celles de son contemporain Casanova, mais il a beaucoup « arrangé » les faits et les recherches ultérieures ont permis de préciser les péripéties de la vie de Da Ponte né à Ceneda (aujourd’hui Vittorio Veneto) dans les Etats de Venise en 1749 et mort à New York en 1838.

Passé par l’Allemagne, l’Autriche, Londres et New York, ses multiples activités (ecclésiastique, séducteur, poète, librettiste, libraire, épicier, producteur de théâtre lyrique, pédagogue …) l’ont fait côtoyer de nombreux milieux hétéroclites. Il a pu collaborer, en dehors de Mozart, avec de nombreux compositeurs à Vienne tout particulièrement où il occupa en outre des fonctions de direction à l’Opéra impérial. Il travailla, entre autre, avec Salieri et on se penchera sur l’adaptation en italien qu’il a réalisée du livret de Beaumarchais Tarare, écrit initialement pour Gluck à l’Opéra de Paris, qui devient sous sa plume Axur. Les Noces de Figaro avaient déjà montré combien il appréciait Beaumarchais et son ironie critique et il avait su déployer une grande habileté pour produire le spectacle malgré les entraves de la censure.

Ses qualités d’improvisatore, telles que les définit Dominique Fernandez dans sa Préface à l’édition des Mémoires du vénitien, sa profonde connaissance du jeu théâtral et de la dramaturgie, son ouverture aux suggestions des compositeurs (on regrette l’absence de correspondance entre lui et Mozart), son imagination débordante font toujours l’admiration de tous les amateurs d’opéra.