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Elle s’appelait Pastora Imperio, elle fut une des plus célèbres danseuses de flamenco, et elle sera à l’origine de l’écriture d’un des plus grands chefs-d’œuvre de Manuel de Falla « L’amour sorcier ».

Pastora Imperio était une gitane de pure race, dont la mère était une magnifique Cantaora, une chanteuse de flamenco pur, de Cante Jondo. Manuel de Falla se rendra plusieurs fois chez elle. Elle lui fera découvrir son répertoire, lui expliquant les différents genres de flamenco, plongeant ainsi notre compositeur, durant de longues soirées, dans l’univers des rites andalous. Et puis pour les besoins de la cause, Falla séjournera quelque temps à Grenade, s’imprégnant de la musique et des récits des gitans, se faisant compter des légendes dont il tirera l’argument pour son ballet.

L’amour sorcier, sur un livret de Gregorio Martinez Sierra, est l’histoire d’une jeune gitane Candelas, une jeteuse de sort hantée par son ancien amour, lequel va surgir chaque nuit, tel un spectre, et qu’elle va s’évertuer à exorciser. Nous nous trouvons plongés dans l’atmosphère d’une grotte du Sacromonte, ce quartier gitan de Grenade, unique en son genre fait de cuevas, de maisons troglodytes creusées dans la colline. Falla déclinera « L’amour sorcier » de trois manières.

La première version datant de 1915 sera écrite pour orchestre de chambre et Cantaora, une gitanerie musicale en 16 tableaux. Et puis l’année suivante notre compositeur remaniera profondément la partition, pour orchestre symphonique et mezzo-soprano. Et enfin en 1925, il transformera celle-ci en ballet. Mettons en miroir, en parallèle toutes ces versions, sans oublier quelques réalisations cinématographiques. Plongeons dans l’univers andalou. Flamenco, Cante Jondo, Granada, Sacromonte, Albaicin.

Philippe Soler commence le piano avec Gonzalo Tintorer, disciple de Granados et de Ricardo Vines. Suivront Ludwika Waleska (Conservatoire de Varsovie), Pierre Sancan, Eliane Richepin, Françoise Thinat, Aquiles Delle Vigne (Conservatoire de Bruxelles, disciple de Claudio Arrau) et Joaquin Achucarro, concertiste espagnol, avec lequel il se perfectionne durant de nombreuses années.

Diplômé de l’Ecole Normale de Musique de Paris, il sera titulaire d’une classe de piano au CRR de Lyon pendant plus de trente ans. Discophile passionné, collectionneur, sa culture musicale, sa connaissance des interprètes font que depuis plusieurs années, il aime à partager sa passion sous la forme de conférences, et en produisant des émissions sur RCF National.