
Héritier de la tradition musicale classique et du romantisme allemand, Gustav Mahler (1860-1911) fut un acteur de la « modernité viennoise », précédant de peu les représentants de la Nouvelle École de Vienne (Schönberg, Webern, Berg). Il mène à son terme la symphonie dans son sens moderne mais cultive aussi l’art du lied. Entre les amples formes orchestrales et l’intimité des brèves compositions pour chant, il trouve une voie médiane qui réunit son goût pour la littérature et ses talents de musicien, entre modernité tonale et nostalgie du romantisme. Les réminiscences de son enfance en Bohême se mêlent à sa lecture du recueil de chants populaires allemands Le Cor merveilleux de l’enfant (1805-1808) publié par les écrivains romantiques Arnim et Brentano. Son langage musical original redonne vie à des chants tour à tour édifiants et terrifiants, comiques et tragiques, souvent féeriques et fantastiques, parfois burlesques et satiriques.

Fabrice Malkani, agrégé d’allemand et docteur d’État ès-lettres, professeur des universités en études germaniques, enseigne à l’université Lumière Lyon 2.
Ses recherches portent sur la littérature, l’histoire des idées et l’histoire culturelle des pays de langue allemande, spécialement des xviiie et xixe siècle, ainsi que sur le livret d’opéra et plus largement les rapports entre texte et musique.

