Carl Maria von Weber (1786-1826) appartient à la première génération du romantisme allemand, intermédiaire entre le classicisme de Mozart et Haydn et les innovations fondamentales de Beethoven. D’où le titre de la conférence : Carl Maria von Weber, ou le matin du romantisme allemand.
Ce qui frappe en premier lieu quand on parcourt du regard la vie de notre compositeur, c’est son caractère itinérant d’enfant de la balle, son père étant directeur d’une troupe au service de divers princes allemands.
On peut donc suivre les principales phases de sa brève trajectoire – à peine quarante ans comme d’autres météores de son temps – en s’arrêtant dans les villes où il a le plus séjourné et travaillé et en évoquant bien sûr ses principales œuvres.
On connaît surtout de lui l’Invitation à la danse, rondeau brillant écrit pour le piano et orchestré magistralement par Berlioz, lequel admire surtout son confrère pour Der Freischütz, l’opéra dont le héros pactise avec le suppôt du Diable dans le but de gagner le concours de tir qui doit lui donner la main d’Agathe, sa bien-aimée.
Avec deux autres titres, Obéron et Euryanthe, vastes fresques romantiques inspirées par un Moyen âge légendaire et malheureusement peu jouées à cause de leur livret, Weber s’impose face à la domination du répertoire italien à Dresde et apparaît comme le précurseur du grand opéra allemand avant Wagner.
Dans le domaine de la musique instrumentale, il a une prédilection pour la clarinette, écrivant pour elle des pages séduisantes et d’une grande poésie.
Pianiste virtuose aux mains extraordinaires, il s’est illustré, outre l’Invitation à la valse, dans des concertos qui mériteraient d’être inscrits plus souvent au programme de nos salles de concert.
Il est permis d’espérer que la célébration de son deuxième centenaire saura y pourvoir.
Roger Thoumieux, conférencier, historien de la musique
Né à Lyon, Roger Thoumieux est licencié ès lettres et titulaire du CAPES de littérature et civilisation anglaises. Il est conservateur général honoraire des bibliothèques universitaires de Lyon.
Il a pratiqué le chant choral dans des ensembles scolaires et universitaires de Lyon. Historien de la musique, il donne des conférences depuis plus de trente ans à l’association Les Frères des Quatrièmes de l’Opéra de Lyon (devenue Almaviva) et au Mozarteum de France dont il a été le président pendant de nombreuses années. Il est également sollicité par d’autres associations culturelles et musicales de la région, comme conférencier ou présentateur de concerts.
Il s’intéresse à tous les genres de la musique classique, avec une prédilection pour l’art vocal sous ses différents aspects. Autant qu’il est possible selon les sujets abordés, il aime établir des liens avec les autres domaines artistiques, notamment la poésie et la peinture.

