C’est à partir de 1949 que le 78 tours va disparaître progressivement pour laisser la place au 33 tours vinyle de longue durée (le long playing).
Ce sera une véritable révolution, car on pourra enfin enregistrer des œuvres beaucoup plus longues, beaucoup plus conséquentes, et cela avec un réel confort et une plus-value sonore. Les grandes firmes de l’époque vont constituer petit à petit leur catalogue discographique de base, et Mozart sera bien évidemment à l’honneur en tout premier lieu avec ses opéras.
On fera appel dans un premier temps aux artistes issus de la troupe de l’Opéra de Vienne, une véritable troupe engagée parfaitement homogène ; chacun est à l’écoute de l’autre ; c’est un état d’esprit : il y aura une parfaite cohésion entre les interprètes, ce qui sera capital face à certaines particularités de l’écriture de Mozart dans ses opéras (je pense aux duos aux quintettes , à l’équilibre des ensembles vocaux). Et puis cette nouvelle génération de chanteurs aura compris l’importance du poids des mots, l’importance de la mise en scène chez Mozart, l’importance de l’aspect théâtral chez Mozart…
Ces tout premiers enregistrements vont devenir une référence, une splendeur, une perfection vocale de chacun, un bijou… nous sommes dans une autre sphère….
L'opéra de Mozart :
L'aventure discographique des premiers enregistrements vinyles des années 1950
Au début des années 1950, le disque vinyle devient adulte. Il va permettre, par rapport au 78 tours, l’enregistrement d’œuvres plus conséquentes, en particulier ceux d’opéras dans leur intégralité. 1956, marque la date anniversaire de la naissance de Mozart, et les trois grandes firmes de disques de l’époque, Columbia, Decca, Deutsche Gramophon vont enregistrer afin de commémorer cette date, les grands opéras de Mozart avec leurs chefs, orchestres et chanteurs respectifs, tous issus de la troupe de l’Opéra de Vienne. Karajan dirigera chez Columbia, entre autres, Irmgard Seefried et Elisabeth Schwarzkopf. Decca aura sous sa direction les immenses chefs Erich Kleiber, Karl Böhm et Josef Krips et les figures féminines de Lisa Della Casa et Suzanne Danco. Et chez Deutsche Gramophon c’est Ferenc Fricsay qui sera aux commandes nous laissant une des plus belles « Flute enchantée » de l’histoire du disque. Parallèlement le Festival d’Aix en Provence, sous la direction de Hans Rosbaud donnera sa chance à Rita Streich, Teresa Stich Randall et à une toute jeune débutante espagnole, Teresa Berganza. Alors retournons en arrière pour vivre ces grandes heures de l’histoire de l’Opera mozartien.
Philippe Soler commence le piano avec Gonzalo Tintorer, disciple de Granados et de Ricardo Vines. Suivront Ludwika Waleska (Conservatoire de Varsovie), Pierre Sancan, Eliane Richepin, Françoise Thinat, Aquiles Delle Vigne (Conservatoire de Bruxelles, disciple de Claudio Arrau) et Joaquin Achucarro, concertiste espagnol, avec lequel il se perfectionne durant de nombreuses années.
Diplômé de l’Ecole Normale de Musique de Paris, il sera titulaire d’une classe de piano au CRR de Lyon pendant plus de trente ans.
Discophile passionné, collectionneur, sa culture musicale, sa connaissance des interprètes font que depuis plusieurs années, il aime à partager sa passion sous la forme de conférences, et en produisant des émissions sur RCF National.

